Vous regardez une annonce de voiture d’occasion et la fiche affiche « 110 kW » sans mention de chevaux. Sur une autre annonce pour le même modèle, on lit « 150 ch ». Ce sont pourtant la même puissance moteur, exprimée dans deux unités différentes. Savoir convertir les CV et kW en quelques secondes vous évite de comparer des véhicules incomparables et de vous tromper dans vos démarches administratives.
CV, ch et kW : trois termes pour une seule grandeur
Le kilowatt (kW) est l’unité officielle du Système International pour mesurer la puissance. Sur votre carte grise, c’est la valeur inscrite en case P.2. C’est aussi l’unité utilisée partout en Europe dans les documents d’homologation.
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Le cheval-vapeur (ch ou CV) est une unité plus ancienne, née au moment de l’essor des moteurs thermiques pour comparer leur force à celle des chevaux de trait. Elle reste très présente dans les annonces automobiles et les discussions chez le concessionnaire, parce qu’elle parle plus facilement aux acheteurs.
Ces deux termes désignent donc la même chose : la puissance réelle du moteur, appelée puissance DIN. La norme DIN est la référence européenne de mesure de la puissance effective d’un moteur, thermique ou électrique.
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Formule de conversion kW et CV : les valeurs exactes
La correspondance entre les deux unités repose sur une valeur fixe : 1 cheval-vapeur vaut 0,7355 kW. En sens inverse, 1 kW correspond à environ 1,36 ch.
En pratique, pour convertir des CV en kW, on multiplie par 0,7355. Pour convertir des kW en CV, on multiplie par 1,36. Les ingénieurs n’arrondissent pas ces facteurs, mais pour comparer deux annonces rapidement, une approximation à la dizaine suffit.
| Puissance en ch (DIN) | Puissance en kW |
|---|---|
| 75 ch | 55 kW |
| 100 ch | 74 kW |
| 130 ch | 96 kW |
| 150 ch | 110 kW |
| 200 ch | 147 kW |
| 300 ch | 221 kW |
Ce tableau couvre la majorité des motorisations courantes sur le marché. Si une fiche technique affiche 85 kW, on est donc autour de 115 ch, ce qui correspond à une motorisation compacte polyvalente.

Cases P.2 et P.6 de la carte grise : ne pas confondre les deux
C’est là que beaucoup d’automobilistes font une erreur concrète. La carte grise contient deux cases liées à la puissance, qui ne se convertissent pas l’une en l’autre.
La case P.2 indique la puissance technique en kW : c’est la puissance DIN réelle du moteur. C’est cette valeur qu’on convertit en chevaux pour comparer les performances.
La case P.6, elle, affiche les chevaux fiscaux. Ce nombre n’est pas une conversion de P.2 : il résulte d’un calcul administratif qui prend en compte à la fois la puissance du moteur et les émissions de CO2. Pour les véhicules immatriculés depuis le 1er mars 2020, la formule appliquée est celle issue de l’arrêté du 23 octobre 2018, basée sur le protocole WLTP. Pour les véhicules plus anciens, c’est le barème NEDC antérieur qui s’applique.
Quand un devis d’assurance ou une démarche ANTS vous demande la puissance fiscale, regardez directement la case P.6. Ne tentez pas de la recalculer depuis P.2 : vous obtiendrez un résultat différent de celui inscrit officiellement.
Un point important sur la date d’homologation
Ce qui compte pour déterminer quelle formule fiscale s’applique à votre véhicule, c’est la date d’homologation du type, pas toujours la date de première immatriculation. Pour un véhicule importé ou immatriculé après une longue période de stockage, cette distinction peut modifier le calcul des CV fiscaux et donc le coût du certificat d’immatriculation.
Puissance moteur sur un véhicule électrique : ce que P.2 ne dit pas
Sur un véhicule électrique, la case P.2 indique la puissance nette maximale du moteur, en kW. Cette valeur se convertit en chevaux exactement comme pour un moteur thermique, avec le même facteur 1,36.
Mais attention à une confusion fréquente : la puissance de recharge rapide n’a rien à voir avec P.2. Quand un constructeur annonce une capacité de charge rapide en kW, il décrit la vitesse à laquelle la batterie peut recevoir de l’énergie, pas la puissance du moteur. Ces deux valeurs peuvent être proches numériquement par coïncidence, mais elles mesurent des choses distinctes. Lire « 150 kW de charge » ne signifie pas que le moteur développe 150 kW.
Pour comparer les performances de deux véhicules électriques, seule la valeur P.2 compte. Pour comparer la rapidité de recharge, c’est la puissance de charge annoncée par le constructeur qui s’applique.
Lire la puissance d’un véhicule selon l’usage prévu
Convertir les unités ne suffit pas si on ne sait pas ce qu’un niveau de puissance implique en conduite réelle. Voici quelques repères pratiques selon les situations courantes :
- Usage urbain et trajets courts : une motorisation entre 75 et 100 ch (55 à 74 kW) couvre la majorité des besoins quotidiens, avec une consommation maîtrisée.
- Conduite mixte avec autoroute régulière : entre 100 et 150 ch (74 à 110 kW), on dispose d’une réserve suffisante pour les dépassements et les montées en charge.
- Véhicule familial ou utilitaire chargé : en dessous de 100 ch, un monospace ou un SUV de gabarit moyen peut se montrer juste sur les voies rapides avec passagers et bagages.
- Achat d’occasion : vérifier que la puissance affichée en annonce correspond bien à P.2 sur la carte grise du véhicule proposé, pour éviter toute confusion avec les chevaux fiscaux.
Puissance et assurance : ce que votre assureur utilise réellement
Les compagnies d’assurance se basent généralement sur les chevaux fiscaux (P.6) pour établir les tarifs, et non sur la puissance DIN en kW ou en ch. Un véhicule puissant mais peu émetteur de CO2 peut donc avoir moins de CV fiscaux qu’un modèle thermique équivalent en ch DIN, ce qui influe directement sur la prime.
Avant de demander un devis, ayez la carte grise sous la main et relevez P.2 et P.6 séparément. Certains formulaires en ligne demandent l’un, d’autres l’autre, et un mauvais renseignement peut fausser le calcul de cotisation.
La puissance en CV et kW reste un critère de comparaison utile, mais ce sont les chevaux fiscaux qui déterminent une part de ce que vous payez chaque année pour rouler.

